Aller au contenu

Réglementation

Réglementation des échafaudages en France : ce que dit chaque texte

En France, les règles de l’échafaudage sont écrites dans le Code du travail lui-même, complétées par un arrêté de 2004 sur les vérifications et par la recommandation R408 de l’Assurance maladie. Ce guide reprend les textes un par un, avec le numéro de l’article et le lien vers sa source.

Par Ole Emil Frikstad Urstad · Comment les chiffres sont calculés (en anglais) ·

Échafaudage Tubesca-Comabi M368 autour d'une maison de 11,4 × 5,3 m à toit à deux pans (égout 4,5 m, faîtage 6 m), dessiné par le modèle 3D de ScaFix
Modèle ScaFix de la maison exemple de 11,4 × 5,3 m avec un échafaudage Tubesca-Comabi M368

Quelle est la réglementation des échafaudages en France ?

Les articles R4323-69 à R4323-80 du Code du travail imposent un montage sous la direction d’une personne compétente, par des travailleurs formés, des garde-corps entre 1 m et 1,10 m (R4323-59) et un plancher à 20 cm au plus de la façade. L’arrêté du 21 décembre 2004 ajoute trois vérifications ; la R408 sert de référence métier.

Quels textes encadrent l’échafaudage ?

Cinq couches se superposent. Les deux premières sont obligatoires, les trois autres servent de référence.

TexteNatureCe qu’il fixe
Code du travail, R4323-58 à R4323-61RéglementationProtection contre les chutes depuis un plan de travail : garde-corps, filets, harnais
Code du travail, R4323-69 à R4323-80RéglementationDispositions propres aux échafaudages : formation, notice, stabilité, planchers, accès
Arrêté du 21 décembre 2004RéglementationContenu et périodicité des vérifications
Recommandation R 408Recommandation de la CnamMontage, utilisation et démontage des échafaudages de pied
NF EN 12810 et NF EN 12811NormesConception et performances des échafaudages de façade

La R 408 a été adoptée par le Comité technique national des industries du bâtiment et des travaux publics le 10 juin 2004 ; elle annule et remplace la R 279 du 9 juillet 1986. La norme NF EN 12811-1, publiée en décembre 2003 et toujours en vigueur, définit les exigences de performance et l’étude d’ensemble des échafaudages dont la stabilité dépend de l’ouvrage voisin.

R4323-69 à R4323-80 : que dit chaque article ?

ArticleCe qu’il impose
R4323-69Montage, démontage ou modification sensible sous la direction d’une personne compétente, par des travailleurs formés sur six points ; formation renouvelée selon R4323-3
R4323-70Notice du fabricant ou plan de montage entre les mains de l’équipe ; note de calcul si la configuration sort de la notice ; documents conservés sur le lieu de travail
R4323-71Protection contre la chute de personnes et d’objets avant l’accès à tout niveau pendant le montage
R4323-72Éléments compatibles, d’une même origine, assemblés dans les conditions de leurs essais ; contrôle de leur état avant chaque montage
R4323-73Stabilité assurée, aucune partie ne doit se déplacer par rapport à l’ensemble
R4323-74Échafaudage fixe ancré ou amarré à un point suffisamment résistant, surface portante sans affaissement
R4323-75Échafaudage roulant immobilisé ; personne ne reste dessus pendant le déplacement
R4323-76Charge admissible indiquée sur l’échafaudage et sur chaque plancher
R4323-77Protections collectives sur les côtés extérieurs, selon R4323-59
R4323-78Planchers fixés ; aucun vide de plus de 20 cm entre le plancher et l’ouvrage
R4323-79Accès sûrs et en nombre suffisant entre les planchers
R4323-80Parties non prêtes à l’emploi traitées en zones d’accès limité

L’article R4323-72 a une conséquence pratique souvent sous-estimée : mélanger des éléments de deux fabricants sort l’échafaudage des conditions d’essai. La R 408 le dit aussi : l’utilisation de pièces de marques différentes peut faire perdre la conformité aux normes.

Échafaudage Fortal FORTEC autour d'une maison de 11,4 × 5,3 m à toit à deux pans (égout 4,5 m, faîtage 6 m), dessiné par le modèle 3D de ScaFix
La même maison exemple avec Fortal FORTEC, un autre système de l’application

Garde-corps d’échafaudage : quelle hauteur et quels éléments ?

L’article R4323-59 exige des garde-corps rigides placés entre 1 m et 1,10 m de hauteur, avec au moins une main courante, une lisse intermédiaire à mi-hauteur et une plinthe de 10 à 15 cm selon la hauteur retenue, ou tout autre moyen assurant une sécurité équivalente. Si ces protections sont impossibles, R4323-60 impose des dispositifs de recueil souples qui empêchent une chute de plus de trois mètres.

Pendant le montage, la R 408 demande en priorité du matériel préfabriqué dont les garde-corps se posent depuis le niveau inférieur déjà protégé, avant le plancher supérieur, et privilégie le matériel sous marque NF à garde-corps de montage définitif. Elle recommande au moins un accès par façade et une distance de 20 m au plus entre deux accès.

La R 408 ne couvre que les échafaudages de pied. Pour les échafaudages roulants, l’INRS renvoie à la recommandation R 457 de la Cnam et indique que leur conformité s’évalue par rapport aux normes NF EN 1004-1 et NF EN 1004-2, ou NF P93-520 pour les modèles de faible hauteur.

Quand faut-il une note de calcul ?

R4323-70 renvoie à la note de calcul du fabricant tant que le montage suit sa notice ; au-delà, une personne compétente réalise un calcul de résistance et de stabilité et établit un plan de montage, d’utilisation et de démontage. La R 408 donne un seuil de hauteur : jusqu’à 24 m, un plan et une note de calcul pour les dispositions que le constructeur ne décrit pas ; au-dessus de 24 m, une note de calcul pour toutes les dispositions de stabilité et de résistance. Quelle que soit la hauteur, et à défaut d’indications du fabricant, elle demande une note de calcul si l’échafaudage est bâché, couvert de filets ou de panneaux publicitaires, exposé à un vent supérieur aux règles en vigueur, ou équipé de potences ou de treuils.

Pour l’amarrage, la R 408 privilégie les chevilles adaptées aux efforts et au matériau, avec des essais in situ si besoin, et un amarrage systématique au droit de chaque système de manutention. Elle rappelle aussi les classes de planchers, de 0,75 kN/m² (classe 1) à 6,00 kN/m² (classe 6) ; la classe retenue doit figurer dans le plan.

Vérification d’échafaudage : que prévoit l’arrêté du 21 décembre 2004 ?

L’arrêté définit trois examens (article 3) : l’examen d’adéquation (l’échafaudage convient-il aux travaux prévus ?), l’examen de montage et d’installation (est-il monté selon la notice ou le plan ?) et l’examen de l’état de conservation.

La vérification avant mise ou remise en service, qui réunit les trois examens, s’impose selon l’article 4 :

  1. lors de la première utilisation ;
  2. après un changement de site ou un démontage suivi d’un remontage ;
  3. après un changement de configuration, une transformation importante, un accident ou un choc sur la structure ;
  4. après une modification des conditions d’utilisation, atmosphériques ou d’environnement ;
  5. après une interruption d’utilisation d’au moins un mois.

S’y ajoutent un examen quotidien de l’état de conservation (article 5), dont les mesures correctives sont consignées au registre, et un examen approfondi au moins tous les trois mois (article 6) : protections collectives et accès, déformation ou corrosion, fixations, amarrages et appuis, calage, filets et bâches, planchers, affichage des charges.

Selon l’article 2, c’est le chef d’établissement dont le personnel utilise l’échafaudage qui fait réaliser les vérifications. Il remet par écrit au vérificateur les travaux prévus et les charges, et lui transmet les données sur le sol, les supports, les ancrages, les réactions d’appui et, le cas échéant, la vitesse maximale du vent et le bâchage. Quand plusieurs entreprises utilisent le même échafaudage, sur un même site et dans la même configuration, chacune n’a pas à refaire la vérification avant mise en service ni la vérification trimestrielle ; chaque chef d’entreprise doit toutefois s’assurer qu’elles ont été faites en tenant compte de son usage réel, et pouvoir en présenter les résultats (article 2, II). La R 408 fournit en annexe un modèle de procès-verbal de réception ; notre check-list d’inspection (en anglais) suit le même ordre, du pied au dernier niveau.

Formation R408 : qui doit la suivre, et combien de temps ?

R4323-69 détaille le contenu de la formation : comprendre le plan de montage, monter en sécurité, prévenir les chutes de personnes et d’objets, réagir aux changements météorologiques, connaître les efforts admissibles et tout autre risque du chantier. La R 408 ajoute qu’une attestation de compétences, délivrée par le chef d’entreprise sur la base de ses référentiels, est obligatoire pour monter, démonter, modifier ou exploiter un échafaudage de pied.

Le document de référence R408 de l’INRS (version 07, janvier 2023) fixe les durées minimales :

FormationDurée minimaleStagiaires au plus
Monter, utiliser et réaliser la vérification journalière des échafaudages de pied3 jours (21 h)8
Vérifier, réceptionner et réaliser la maintenance des échafaudages de pied2 jours (14 h)10
Utiliser et réaliser la vérification journalière1 jour (7 h)10
Utiliser des échafaudages de pied0,5 jour (3,5 h)10

Le dispositif vise les échafaudages de moins de 24 m montés selon la notice et sans note de calcul. Pour le stage de monteur, il faut six mois d’expérience des échafaudages, une formation aux équipements de protection individuelle contre les chutes, un avis d’aptitude médicale et une connaissance du français suffisante pour comprendre la notice. Le document ne fixe aucune durée de validité : en application de R4323-3, l’employeur décide quand recycler. Les formations sont données par des organismes habilités par l’INRS et l’Assurance maladie, avec des formateurs certifiés.

Quel diplôme pour devenir monteur d’échafaudage ?

Pour le métier, le CQP Monteur d’échafaudage (RNCP36913) est une certification de niveau 3, enregistrée le 29 septembre 2022 jusqu’au 29 septembre 2027 par le Syndicat français de l’échafaudage, du coffrage et de l’étaiement et la CPNE du BTP. Elle comprend deux blocs, organiser son intervention et monter un échafaudage dans le respect des règles de sécurité, et s’obtient aussi par la VAE. La R 408 note que ses compétences peuvent avoir été acquises par certains CAP ou CQP qui intègrent le travail sur échafaudage.

Inspection du travail, Carsat, OPPBTP : qui contrôle quoi ?

  • L’inspection du travail peut prescrire l’arrêt temporaire de la partie des travaux en cause lorsque le danger grave et imminent résulte d’un défaut de protection contre les chutes de hauteur (L4731-1). Lorsque la procédure est prévue, elle met l’employeur en demeure avant de dresser procès-verbal (L4721-4). Selon l’OPPBTP, elle peut aussi demander à un organisme agréé de vérifier la conformité d’un échafaudage selon le référentiel de l’arrêté de 2004 (article 1er).
  • La Carsat fixe le taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles de chaque entreprise, ce qui lui donne, selon le guide de l’UCANSS, un pouvoir d’incitation ; ses ingénieurs-conseils et contrôleurs de sécurité accompagnent les entreprises dans la maîtrise des risques.
  • L’OPPBTP publie les textes commentés et des outils de vérification pour le BTP.

L’enjeu est connu : selon le document de référence R408, les chutes de hauteur causent plus de 10 % des accidents du travail avec arrêt et sont la deuxième cause d’accidents mortels au travail ; dans le BTP, elles causent 16 % des accidents du travail et 50 des 144 décès annuels cités.

Où se place ScaFix ?

ScaFix compte les garde-corps, plinthes et planchers niveau par niveau pour de nombreux systèmes d’échafaudage, ce qui prépare l’examen d’adéquation ; la note de calcul au-delà de la notice reste celle d’une personne compétente. Ce que coûtent montage, location et voirie : prix d’un échafaudage.

Information de planification, pas une validation de structure ni un avis juridique. Font foi le texte du Code du travail sur Légifrance, l’arrêté du 21 décembre 2004 et la notice du fabricant ; hors configuration prévue par la notice, une note de calcul établie par une personne compétente est requise (R4323-70), et l’échafaudage est vérifié avant toute mise en service (arrêté de 2004, article 4).

Questions fréquentes

Quelle est la hauteur d’un garde-corps d’échafaudage ?

Entre 1 m et 1,10 m selon R4323-59, avec une main courante, une lisse intermédiaire à mi-hauteur et une plinthe de 10 à 15 cm.

Qui doit vérifier un échafaudage ?

Le chef d’établissement dont le personnel l’utilise fait réaliser les vérifications par une personne qualifiée (arrêté du 21 décembre 2004, article 2) ; selon l’OPPBTP, il peut s’en charger lui-même, les confier à son personnel ou faire appel à un organisme extérieur.

La formation R408 est-elle obligatoire ?

La R 408 est une recommandation, mais la formation adéquate et spécifique est imposée par R4323-69, et la R 408 rend l’attestation de compétences obligatoire pour monter ou exploiter un échafaudage de pied.

Combien de temps dure une formation R408 de monteur ?

Au moins 3 jours, soit 21 heures, pour le stage « Monter, utiliser et réaliser la vérification journalière », selon le document de référence de l’INRS.

Faut-il un PV de réception d’échafaudage ?

La R 408 prévoit une réception avant utilisation et fournit un modèle de procès-verbal ; la vérification avant mise en service de l’arrêté de 2004 est, elle, obligatoire.

Quel écart maximum entre le plancher et la façade ?

20 cm au plus selon R4323-78 ; au-delà, une protection collective ou individuelle est nécessaire.

Sources

Les sources primaires de cet article, avec la date de lecture de chacune.